Diane Roque* est une praticienne en périnatalité diplômée de l'Institut AMA. Elle a publié, dans le dossier sur la naissance du mensuel Biocontact** de mai 2009, un article que nous reproduisons ici avec l'accord de l'auteur et du journal (les intertitres et les références sont de la rédaction).


L’accompagnement AMA autour de la natalité

Vivre sa grossesse et son accouchement en conscience, humanisme et en pleine possession de ses moyens

Ama sont les initiales de « altérité maternelle appliquée », et ama, en langue basque, signifie mère.

La méthode Ama a été créée par Martine Savès, médecin homéopathe à Toulouse. Elle est basée sur plusieurs enseignements ancestraux, comme les médecines tibétaine, ayurvédique et chinoise. Le pouls de Nogier est l’outil de base du praticien qui va lui permettre d’établir un bilan énergétique, émotionnel et physique du patient.
Le thérapeute est « praticien en santé humaniste », et « praticienne en périnatalité » pour celles qui s’occupent plus particulièrement de la période de la natalité. La notion de santé humaniste est ouverte à toute personne désireuse d’être actrice de sa santé et de son bien-être. C’est une vision de l’être humain dans sa globalité : corps, esprit, âme.

Dénouer les nœuds inconscients

Le thérapeute va entendre la personne dans son problème physique, son contexte émotionnel et social. Le bilan de santé établi permettra à la personne de mieux comprendre les liens entre pathologie et émotions, et ainsi l’aider à dénouer les nœuds inconscients qui l’empêchent d’avancer.
Depuis notre conception, nous avons vécu des émotions en tant qu’embryon, puis fœtus, bébé, enfant, adolescent et adulte. Au départ ressenties dans le corps (transmission mère-bébé), ces émotions se sont positionnées dans l’inconscient et les cellules du fœtus. Plus tard, d’autres émotions sont venues se rajouter sur le plan conscient et ont continué à appuyer sur celles déjà en place. C’est le principe des mémoires cellulaires.
Des chocs émotionnels durant la grossesse, des schémas reproduits de génération en génération, des nœuds émotionnels restés dans l’inconscient, peuvent être la cause d’un accouchement difficile, ou de problèmes digestifs chez le bébé, des difficultés à téter, des pleurs et reflux importants, des coliques intenses…
C’est sur ce principe que l’accompagnement Ama se place : libérer les mémoires cellulaires, les émotions stockées et non exprimées.
Lorsque nous devenons parents pour la première fois, nous prenons ce statut de « parents », ce qui va nous relier automatiquement à nos souffrances d’enfant face à nos propres parents. Quelle image nous a été transmise du « parent » ? C’est dans certains moments de la vie que des blocages remontent à la surface (adolescence, maternité/paternité, ménopause, andropause).

Des parents acteurs

Le fait de lâcher ces mémoires en douceur va permettre aux parents de vivre la grossesse et l’accouchement avec sérénité. Cela leur donne la possibilité d’être acteurs et de débloquer des pathologies en résonance avec ce vécu (infertilité, fausses couches, menace d’accouchement prématuré, nausées, retard de terme, bébé en siège, problème d’allaitement…).
La grossesse est vécue comme une ascension de son Everest, pas à pas, à l’écoute du bébé dans les premiers instants de vie.
Le papa se sent présent, et comprend son rôle beaucoup plus tôt. Il est lui aussi acteur de la grossesse et de l’accouchement : il sait trouver sa place.
Prendre conscience du principe de vie, comprendre les réactions de son corps, de son bébé, de son psychisme. On peut dire que c’est une préparation à la naissance, en complémentarité d’un suivi médical, où l’on prend le temps de parler du couple, de ce qu’il traverse, de l’aider à lâcher prise avec certains mécanismes.

Un accompagnement basé sur la communication

La première séance, entre la praticienne en périnatalité et les parents, est gratuite. Pour se rencontrer, échanger sur ses attentes, ressentir la possibilité d’être en confiance avec la thérapeute. Neuf séances sont ensuite échelonnées durant toute la grossesse, en général autour du quatrième mois. Il est possible de commencer plus tôt, selon son ressenti et son besoin.
Chaque séance dure environ une heure et demie et est composée d’une discussion sur le ressenti du couple au moment présent, d’une partie théorique et d’une partie pratique.
La partie théorique va aborder différents points : physiologie de la femme enceinte, les cinq sens du bébé, le développement du bébé in utero, l’implication du papa dans la grossesse et l’écoute de son vécu, l’accouchement, la douleur, les positions pour faciliter l’accouchement, le projet de naissance, l’allaitement...
Les parents peuvent ainsi poser toutes leurs questions et être informés dans la plus grande neutralité. Le respect du chemin de vie des parents sur leur désir d’accouchement, leur choix d’allaitement est un des principes éthiques de la praticienne en périnatalité.
La partie pratique va se baser sur une relaxation avec des bercements du bébé, des appels avec les mains du papa et de la maman. Basée sur la communication, la relaxation va permettre aux parents de ressentir et de mettre en pratique la théorie.
Les séances sont aussi riches en visualisations, respirations, pour apprendre à déplacer sa conscience de la douleur et ainsi avoir tous les outils pour accepter et accompagner les contractions le jour J.
On finit par la prise de pouls afin de faire ce bilan énergétique et émotionnel et, si besoin, faire un travail émotionnel sur ce qui bloque. La praticienne en périnatalité peut accompagner pendant la grossesse, dans le cadre d’une interruption médicale ou volontaire de grossesse, de naissances d’enfants handicapés ou de décès.

Le lien de confiance se poursuit pendant et après l'accouchement

Elle peut aussi être présente auprès du couple lors de l’accouchement, qu’il se passe en structure hospitalière ou à la maison, en complémentarité de l’équipe médicale ou de la sage-femme.
Son rôle est de prolonger ce lien de confiance qui s’est tissé durant la grossesse, afin que les parents vivent cet événement entourés, accompagnés, ce qui va diminuer les risques de médicalisation. L’ocytocine, cette hormone de l’amour qui est sécrétée lorsque la femme se sent en confiance, en sécurité et entourée des gens qu’elle affectionne, est le gage d’un accouchement naturel. La praticienne en périnatalité est la « gardienne » de cette ocytocine.
Lors de l’accouchement, la thérapeute peut aussi se servir de ses outils Ama (prise de pouls, visualisation, relaxation) si la mère rencontre un blocage physique (manque d’ouverture du col, bébé qui ne s’engage pas, mauvaise position du bébé, arrêt des contractions ou travail lent et inefficace, hypertension, panique…). Pour cela elle se rend disponible trois semaines avant la date prévue de terme, nuit et jour, afin de pouvoir répondre à la demande des parents.
La praticienne en périnatalité est aussi présente après l’accouchement si les parents rencontrent des difficultés au niveau de l’allaitement, des pleurs, du sommeil, du trio père-mère-bébé.


* Diane Roque est également diplômée de naturopathie, monitrice en portage bébé (AFPB) et spécialiste du soin Rebozo. Elle est présidente de l’association Natur’autan, créée dans le Tarn en 2005 autour de la parentalité respectée.
Voir son site, plein de ressources : naturautan.googlepages.com
Contact : naturautan@gmail.com


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